Simone Veil se bat et fait voter la loi

Chacun sait que l'avortement existe depuis très longtemps. Sans remonter trop loin, on peut dire qu'au Moyen-Age il était sévèrement puni. Mais le législateur tenait compte de la situation économique de la femme qui y avait recours et punissait moins gravement celle qui vivait dans une pauvreté extrême que celle qui vivait confortablement.

Jusqu'au siècle dernier, les "faiseuses d'anges" étaient punies très sévèrement. En 1942, une loi prévoit la peine de mort pour les femmes qui ont recours à l'avortement.

C'est à partir de 1970 que la lutte pour le droit à l'avortement va débuter avec tout d'abord la création de l'association CHOISIR par Gisèle Halimi et Simone de Beauvoir qui vont devoir faire face aux détracteurs qui sont très violents lors des débats qu'elles animent. Gisèle Halimi entendra "va donc bougnoule, faire avorter tes bougnoules en Tunisie" ce à quoi elle répondit : "en Tunisie, il y a une loi !"

  

 

 

En 1972, Gisèle Halimi, avocate au barreau de Paris, prend la défense de 5 femmes jugées pour avortement : une mineure après un viol, 4 adultes dont sa mère pour complicité ou pratique de l'avortement. Le procès de Bobigny devient très vite le procès politique de l'avortement.

La jeune fille est jugée à huis clos et relaxée. Cette relaxe jette un doute. Gisèle Halimi entâme son combat lors du procès des 4 femmes adultes. Elle obtient le soutien de nombreuses personnalités : l'académicien Jean Rostand, les prix Nobel et biologistes Jacques Monod et Christian Jacob, des comédiennes comme Delphine Seyrig et Françoise Fabian, des hommes politiques comme Michel Rocard, des personnalités engagées des lettres comme Aimé Césaire et Simone de Beauvoir. Un médecin catholique aussi qui dira : "je ne vois pas pourquoi, nous catholiques, imposerions notre morale à l'ensemble des Français." (il recevra un blâme de l'ordre des médecins pour cette affirmation.) Après une plaidoirie passionnée, Gisèle Halimi obtient la relaxe de toutes les accusées. Le retentissement de ce procès conduira à l'établissement de la loi de 1975.

 

 

C'est Simone Veil qui va faire en sorte que cette loi soit votée à l'Assemblée Nationale après un rude combat où elle aura connu les pires insultes dans l'hémicycle, un député ira même jusqu'à agiter un bocal dans lequel est enfermé un foetus.

La loi est promulguée le 17 janvier 1975. 

 

 

 Les "pro" et "anti" IVG continuent à s'affronter parfois violemment, les associations catholiques organisent régulièrement des manifestations devant les plannings familiaux ou devant les centres qui pratiquent l'avortement.

 

Le 19 mars 2010, Simone Veil, devenue la personnalité politique préférée des Français, fait son entrée à l'Académie Française malgré les manifestations des anti-IVG toujours très présentes dans la rue.

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