Premier député musulman de France

 

 

 

 

 

 

Théodore-Philippe Grenier est né à Pontarlier le 14 août 1865. Son père était capitaine de cavalerie, membre de l'Etat-Major de l'empereur Napoléon III et avait servi dans les Chasseurs d'Afrique à Mostaganem (Algérie). C'est donc en Algérie que Philippe Grenier passe une enfance heureuse, il apprend l'arabe avec sa nounou. Quand son père meurt en 1872, Philippe n'a que 7 ans et sa mère rentre en France.

Il passe son baccalauréat à Besançon et poursuit ses études de médecine de 1883 à 1890 avant d'ouvrir un cabinet à Pontarlier. La même année, il rend visite à son frère cadet qui est militaire à Blida en Algérie. C'est son premier contact, en tant qu'adulte, avec les musulmans de l'empire colonial français. Il est choqué par les conditions dans lesquelles on maintient les Algériens musulmans (à cette époque, les juifs d'Algérie bénéficient déjà de la citoyenneté française mais pas les musulmans).

A son retour en France, il étudie le Coran et c'est en 1894, lors d'un second voyage en Algérie, qu'il embrasse la religion musulmane. Il effectue son pélerinage à la Mecque alors qu'il est âgé de 29 ans. Il adopte la tenue traditionnelle des musulmans algériens.

De retour en France, il est élu au Conseil municipal de sa ville et s'intéresse particulièrement à l'hygiène et à l'aide aux pauvres. Son dévouement en fait un homme reconnu et respecté sans considération de sa foi musulmane qu'il ne cache pas. Il se présente alors à la députation mais n'a aucun moyen de financer sa campagne électorale et il est la cible de la presse nationale qui ne cache pas son islamophobie.

Mais il a un discours convaincant, son programme politique et social est ambitieux pour l'époque et contre toute attente il est élu député le 20 décembre 1896, au second tour, face à un brillant avocat.

Lors de la rentrée parlementaire, il fait à nouveau la une des journaux : pour les uns il est "le député musulman", pour les autres "le député des Arabes". Pourtant, dans son édition du 14 janvier 1897, le Figaro n'hésite pas à le comparer à Victor Hugo et à Louis Pasteur.

Le Docteur Grenier prendra fait et cause pour les musulmans d'Algérie. Il s'y rendra de nombreuses fois pour rassembler des données pour défendre la cause de ceux qu'on appelait à l'époque les "indigènes". Si certains députés l'écoutent et le comprennent, ils ne le suivent pas jusqu'au vote des lois. Pris par sa cause, il en oublie ses électeurs de Pontarlier et c'est son adversaire qui est élu en 1898. Il retourne à son cabinet de médecin et meurt le 25 mars 1944 à l'âge de 79 ans.

Aucun autre Français métropolitain musulman n'a été élu à l'Assemblée Nationale.

A l'Assemblée Nationale, le Dr Grenier fustige "un luxe inouï, effréné, s'étalant sans pitié en face des pires misères sociales, des dépenses formidables et souvent inutiles,une dette croissante tous les jours".

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